Ce combo montre de gauche à droite le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump à Washington, le 18 août 2025, et le président russe Vladimir Poutine à Anchorage, en Alaska, le 15 août 2025 ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )
Donald Trump a annoncé jeudi avoir demandé "personnellement" à Vladimir Poutine de cesser les frappes sur Kiev et d'autres villes ukrainiennes "pendant une semaine", et assuré que le président russe "avait accepté de le faire", alors que l'Ukraine subit une importante vague de froid.
La Maison Blanche n'a livré aucun détail sur les contours exacts de cette trêve surprise, qui intervient alors que Russes et Ukrainiens doivent se retrouver dimanche pour des négociations directes aux Emirats arabes unis.
"J'ai personnellement demandé au président Poutine de ne pas faire feu sur Kiev et les autres villes pendant une semaine. Et il a accepté de le faire, et je dois vous dire, c'était très gentil", a dit le président américain en conseil des ministres.
Donald Trump a dit avoir fait cette demande en raison du froid "exceptionnel" en Ukraine, alors que le pays est confronté à des coupures d'électricité et de chauffage d'ampleur à cause des frappes russes.
Selon le Centre hydrométéorologique ukrainien, de dimanche à mardi, "un temps très froid est prévu" en Ukraine: "les températures nocturnes devraient descendre jusqu'à -20 à -27°C, et dans certaines parties (...), les températures nocturnes devraient descendre jusqu'à -30°C".
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié Washington pour ses "efforts visant à mettre fin aux attaques contre le secteur énergétique".
- "Une catastrophe humanitaire s'annonce" -
Jeudi soir, toutefois, après l'annonce surprise de Donald Trump, le gouverneur de la région de Zaporijjia (centre-est) a fait état d'une attaque russe contre la capitale régionale, qui a endommagé un immeuble.
Le chancelier allemand Friedrich Merz s'exprime lors d'une conférence de presse à la Chancellerie à Berlin, le 29 janvier 2026 ( AFP / Tobias SCHWARZ )
Au cours d'un appel avec M. Zelensky, le chancelier allemand Friedrich Merz a certes salué le travail de Washington "en faveur d'une trêve" mais souligné aussi que "la destruction systématique et brutale des infrastructures énergétiques civiles ukrainiennes" par Moscou était "toujours en cours", d'après un porte-parole.
Vendredi, l'Agence internationale de l'énergie atomique réunit d'ailleurs son conseil des gouverneurs à la demande de pays membres inquiets de la situation nucléaire en Ukraine, dans le sillage d'attaques russes.
Le réseau énergétique ukrainien a été sévèrement mis à mal ces derniers mois par une série de frappes russes massives qui ont endommagé les centrales et transformateurs électriques et le secteur gazier du pays.
La centrale électrique du fournisseur d'énergie ukrainien DTEK, lourdement endommagée lors d'attaques aériennes russes, dans un lieu tenu secret, le 23 janvier 2026 ( AFP / YURIY DYACHYSHYN )
Ces frappes ont provoqué de vastes coupures d'électricité et de chauffage alors que les températures sont déjà glaciales, notamment dans la capitale Kiev (-6°C dans la nuit), et dans les grandes villes de Kharkiv (nord-est), Odessa (sud) et Dnipro (centre).
Les autorités ukrainiennes affirment mener des travaux d'urgence pour restaurer le réseau et ont ouvert des espaces dédiés où les habitants peuvent se réchauffer et accéder à l'électricité. Jeudi, la municipalité de Kiev a indiqué que 613 bâtiments étaient toujours sans chauffage dans la capitale.
"L'hiver est très rude et les Ukrainiens souffrent énormément. Une catastrophe humanitaire s'annonce là-bas", a martelé jeudi Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne qui a annoncé l'octroi d'une aide humanitaire d'urgence de 145 millions d'euros face au rude hiver ukrainien.
- "Progrès" -
Jeudi, Donald Trump a assuré que "beaucoup de progrès" avaient été faits jusqu'ici dans les pourparlers diplomatiques entre Moscou, Kiev et Washington, alors que la guerre déclenchée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie entre bientôt dans sa cinquième année.
La place de l'Indépendance à Kiev, où un panneau affiche une température extérieure de -19°C, le 15 janvier 2026 ( AFP / Sergei GAPON )
Les premières négociations directes tripartites sur le plan de Washington pour mettre fin à la guerre ont eu lieu vendredi et samedi à Abou Dhabi. Une nouvelle session devrait s'y tenir dimanche, à laquelle les Etats-Unis pourraient de nouveau participer, selon le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
En amont de ces discussions, Vladimir Poutine a reçu jeudi à Moscou son homologue émirati, cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane, lui faisant part de sa reconnaissance pour "la tenue de pourparlers trilatéraux" la semaine dernière, selon la télévision russe.
Mohammed ben Zayed a de son côté réaffirmé le soutien des Emirats en faveur de "solutions diplomatiques nécessaires", mentionnant notamment la médiation de son pays dans les échanges de prisonniers entre la Russie et l'Ukraine.
Ces échanges, comme ceux de dépouilles, sont jusqu'à présents les seuls résultats concrets de négociations entre Moscou et Kiev sur le conflit déclenché par l'offensive russe en Ukraine en février 2022.
Un camion tire un tramway en panne en raison des coupures d'électricité après des frappes russes à Kiev, en Ukraine, le 9 janvier 2025 ( AFP / Sergei SUPINSKY )
Jeudi, la Russie a rendu à l'Ukraine 1.000 corps, "présentés par la partie russe comme ceux de militaires ukrainiens", a annoncé l'administration ukrainienne chargée des prisonniers de guerre. Le dernier rapatriement de ce type datait de fin octobre.
En février dernier, Volodymyr Zelensky avait affirmé à une chaîne de télévision américaine que son pays avait perdu près de 46.000 soldats depuis 2022, un chiffre que des analystes jugent sous-évalué.

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